suivez le tour du monde d'un marseillais

Ecrit le 2 février 2010 par Dom'

carte Indonésie

carte Indonésie

source Lonely Planet

Introduction

Tel un collier de perles sur fond de corail, l’archipel indonésien égrène ses 13 000 îles entre Asie et océan Pacifique. Il a longtemps évoqué la prospérité et l’opulence : voilà déjà mille ans, des navires venant de Chine, attirés par les bonnes odeurs du bois de santal et de la cire d’abeille, s’y aventurèrent…

Inépuisable réserve de ressources naturelles, fascinant creuset de cultures mystérieuses, l’Indonésie devint bientôt une terre d’élection pour Occidentaux en quête d’aventures. De nos jours, les superbes îles de Bali, Lombok ou le site de Borobudur attirent des foules de visiteurs, mais le tourisme de masse n’a pas atteint l’ensemble du pays. L’archipel offre, aujourd’hui encore, un terrain d’aventures unique au monde.

Traditions millénaires des tribus papoues, théâtre d’ombres, artisanat multiforme, puissants volcans, récifs de corail, jungles immenses, varans insolites, papillons géants… comment peut-il exister autant de merveilles dans un seul pays ?

Le processus de démocratisation engagé depuis 1996 a été ralenti par la multiplication des conflits régionaux entre minorités ethniques et religieuses, et la poussée des mouvements sécessionnistes. L’insécurité et l’instabilité politique freinent la reprise économique.

Destination

Intitulé officiel du pays : République d’Indonésie
Capitale : Jakarta
Superficie : 1 919 440 km²
Population : 240,3 millions d’habitants
Peuples et ethnies : 40,6% de Javanais, 15% de Sundanais, 3,3% de Madurèses ; 300 groupes ethniques peuplent l’archipel
Langues : b ahasa indonesia (la langue officielle) ; anglais, néerlandais ; javanais, sundanais, balinais, minang, bugis (400 langues et dialectes)
Religions : 86,1% de musulmans, 5,7% de protestants, 3% de chrétiens, 1,8% d’hindous
Institutions politiques : république contrôlée par l’armée, régime présidentiel
Président : Susilo Bambang Yudhoyono

Economie

PIB : 915,9 milliards de $US
PIB/Hab : 3 900 $US
Croissance annuelle: 6,1%
Principales activités : gaz naturel, bois, café, caoutchouc, pétrole, charbon, cuivre et bauxite, huile de palme, riz, coprah, textiles, produits chimiques, tourisme
Principaux partenaires : Japon, États-Unis, Singapour, Allemagne

Infos pratiques

Visas : un visa d’entrée est exigé. Vous pouvez l’acheter à différents points d’entrée dans le pays. Sa validité est de 30 jours, et il n’est pas renouvelable sur place. Votre passeport doit être valable au moins six mois après votre date d’arrivée dans le pays.
Santé : l’Indonésie étant un pays tropical mal informé en matière d’hygiène et de médecine, des précautions élémentaires s’imposent pour éviter les troubles gastriques et intestinaux. Le pays connaît une recrudescence de la dengue, maladie véhiculée par les moustiques, tout comme le paludisme, également présent en Indonésie. Attention également aux hépatites, aux vers et aux morsures de serpents.
Décalage horaire : l’Indonésie couvre trois fuseaux horaires. Sumatra, Java, Kalimantan ouest et centre (fuseau ouest) sont à GMT/UTC + 7 ; Bali, Nusa Tenggara, Kalimantan est et sud et Sulawesi (fuseau central) sont à GMT/UTC + 8 ; Irian Jaya et Moluques à GMT/UTC + 9
Poids et mesures : système métrique
Electricité : presque toujours 220 V, 50 cycles AC, mais certains endroits utilisent encore du 110 V. Beaucoup d’hôtels n’ont pas de prises de terre, et les coupures ne sont pas rares dans les zones rurales. Par ailleurs, l’éclairage nocturne laissant beaucoup à désirer, une lampe de poche vous évitera d’atterrir dans un égout.
Indicatif téléphonique : + 62
Ambassade à l’étranger: 20 Jalan MH Thamrin, Jakarta-Pusat – tél. +62 (21) 235 576 00 ; fax. +62 (21) 235 576 02 ; www.ambafrance-id.org
Ambassade en France : 47-49, rue Cortambert 75116 Paris – tél. +33 (0)1 45 03 07 60 ; fax. +33 (0)1 45 04 50 32

Quand partir ?

D’une manière générale, la meilleure saison pour visiter l’Indonésie est la saison sèche, de mai à octobre. Sachez cependant que Bali est la destination asiatique préférée des Australiens, de Noël jusqu’à la fin de janvier ainsi qu’à toutes les petites vacances scolaires ; que juillet et août sont les mois de prédilection de tous les touristes européens ; et que les Indonésiens envahissent les centres touristiques, les hôtels et les moyens de transport au moment du ramadan, à Noël ainsi que de la mi-juin à la mi-juillet. Mai, juin et septembre vous permettent donc d’explorer le pays dans les meilleures conditions.

Fêtes et festivals

De nombreuses fêtes, religieuses ou non, ponctuent la vie du pays. Pour les musulmans, le moment de l’année le plus important est le mois du ramadan (Bulan Puasa) ; évitez certaines régions d’Indonésie à cette période, à moins que vous n’aimiez être réveillé à 3h du matin pour manger avant d’entamer votre jeûne. Pendant les deux jours que dure la fête bruyante et animée de Lebaran (Idul Fitri), qui marque la fin du jeûne, les hôtels affichent complet et les prix explosent. En mars-avril, Nyepi, le Nouvel An balinais, marque la fin du calendrier hindou saka. En avril-mai, Waicak célèbre la naissance de Bouddha, son illumination et sa mort, tandis que Muharram marque le Nouvel An du calendrier musulman. Plus profane, la fête nationale (Hari Proklamasi Kemerdekaan) célèbre, le 17 août, la proclamation d’indépendance du pays par Sukarno en 1945. Les parades et manifestations sont grandioses à Jakarta.

S’y ajoutent de très nombreuses manifestations culturelles et fêtes locales qu’explique la diversité des cultures indonésiennes : à Sumba, des simulacres de batailles évoquent l’époque des guerres intestines ; pendant la fête balinaise de Galungan, tous les dieux descendent sur terre pour rejoindre les humains ; au pays toradja, au centre de Sulawesi, la fin des moissons est le prétexte à des cérémonies de funérailles.

Nouvel An (1er janvier), fêtes religieuses (anniversaire du Prophète…), fête de l’indépendance (17 août), Noël (25 décembre)

Devise

la roupie indonésienne (IDR)

Coût de la vie

Bali, Sumatra et Java offrent un très bon rapport qualité/prix ; vous vous en sortirez avec un budget minimal d’environ 10 € par jour. Si vous vous rendez aux Moluques ou en Irian Jaya, en revanche, vous vous apercevrez que le coût de l’hébergement double ou triple et que les frais de transport augmentent dans les régions périphériques.

Conseils relatifs à l’argent

Emportez de préférence des Travellers chèques délivrés par une grande banque, ainsi que quelques centaines de dollars en espèces. Vous pourrez changer facilement vos devises (en dollars américains, devise la plus répandue) dans les grandes villes et les régions touristiques ; pensez à vous munir de suffisamment de rupiah si vous vous éloignez des sentiers battus. Les banques indonésiennes ne font généralement pas payer de commission, et les meilleurs taux de change se pratiquent à Jakarta et Bali. Les cartes de crédit, quant à elles, ne serviront qu’à vos achats importants.

Le pourboire n’est pas une pratique courante, sauf en cas de service particulier. À Jakarta, les chauffeurs de taxi s’attendent à en recevoir un, de même que les portiers d’hôtel.

À Bali, le marchandage est de règle. Les chauffeurs de bemo (minibus ou pick-up assurant les transports en commun) ont par ailleurs la réputation de majorer les prix pour les Occidentaux. Ne cherchez pas cependant à obtenir systématiquement le tarif local, même les gens du pays n’y parviennent pas toujours !

A ne pas manquer

Jakarta

Mégalopole de 9 millions d’habitants s’étirant sur plus de 25 km, Jakarta est le principal centre économique du pays, plaque tournante des affaires. Jadis véritable enfer misérable et délabré, la ville souhaite présenter aujourd’hui le visage résolument moderne d’une métropole asiatique en pleine expansion. Pourtant, elle attire des milliers de pauvres et, pour peu que l’on s’éloigne du centre, les bidonvilles sont toujours là. Cité la plus chère et la plus polluée d’Indonésie, Jakarta est parfois comparée à un « grand durian », ce fruit exotique à l’odeur nauséabonde, insupportable pour certains, irrésistible pour d’autres…

Mis à part Merdeka Square, où se dresse le National Monument (Monas) au sommet doré, Jakarta ne possède pas de véritable centre, d’où la difficulté de l’explorer à pied.

À voir : le vieux Batavia (Kota), le plus ancien et précieux témoignage de la présence hollandaise en Indonésie, avec sa place pavée, Taman Fatahillah, et le pont du Marché aux poulets, datant du XVIIe siècle ; le vieux port de Sunda Kelapa et ses magnifiques goélettes de Makassar ; Glodok, le quartier attribué aux Chinois en 1741 ; le Musée national, l’un des musées les plus exceptionnels d’Asie du Sud-Est ; Lapangan Banteng Square et sa superbe architecture coloniale ; le Wayang Museum.

Si l’hébergement à Jakarta coûte cher, l’éclosion récente de nombreux hôtels de catégories moyenne et supérieure crée une concurrence salutaire. Les petits budgets trouveront à se loger dans les quartiers de Jalan Jaksa et de Kuningan, les budgets moyens à Jalan Jaksa et Cikini. Quant à la restauration, vous n’aurez que l’embarras du choix. Les vendeurs de rue et les marchés de nuit permettent de se nourrir à moindre frais.

Jogjakarta

Le Daerah Istimewa ( »territoire spécial » de Jogjakarta) constitue le centre culturel de Java. Foyer culturel, artistique et intellectuel le plus actif de l’île, Jogjakarta (ou « Jogja », prononcez Djodja) est une métropole animée de 500 000 habitants qui s’accroche cependant fièrement à son passé et à sa culture : elle est encore sous la tutelle d’un sultan, dont le palais enclos (kraton), qui abrite 25 000 personnes, constitue le bastion des traditions et un fleuron de l’architecture palatiale javanaise avec ses halls superbes, ses vastes cours et ses pavillons.

On peut y assister à des spectacles de wayang bulit et visiter des ateliers d’artisanat (batik, argenterie, poterie…). À 42 km de Jogja, Borobudur, érigé 300 ans avant Angkor Vat, est l’un des vestiges bouddhiques les plus somptueux d’Asie du Sud-Est. Le gigantesque stupa symétrique se dresse sur son socle de 118 x 118 m, épousant les contours de la colline. Le monument fut conçu comme une représentation de l’Univers selon la cosmologie bouddhiste. Vers le mois de juin, le festival de Borobudur met en scène plus de 300 artistes.

Prambanan, à 17 km de Jogja, est le plus vaste ensemble de temples hindous de l’île ; la richesse des sculptures du grand temple consacré à Shiva en fait un chef-d’œuvre de l’art hindou.

Sumatra

Quatre fois plus vaste que Java, Sumatra est riche en ressources naturelles, en faune, en trésors architecturaux et en cultures traditionnelles.

Mis à part le Krakatoa, dans le sud de Sumatra, la plupart des sites intéressants se trouvent dans le nord de l’île : l’itinéraire classique, qui va de Medan à Padang, vous permettra de découvrir entre autres Bukittinggi, ville de montagne et foyer de la culture des Minangkabau, musulmans matrilinéaires (qui ne reconnaissent que la descendance féminine), Bukit Lawang, célèbre centre de réhabilitation des orang-outangs, et surtout Danau Toba, le plus grand lac du Sud-Est asiatique, qui occupe la caldeira d’un gigantesque volcan qui s’effondra il y a 100 000 ans. Sur Pulau Samosir, l’île au centre du lac, vivent les Batak, anciens chasseurs de têtes et cannibales.

Bali

Paradis tropical de plages idylliques, de rizières en terrasses et de forêts luxuriantes, Bali, à 95% hindouiste, s’est transformée en produit de consommation touristique. Elle abrite cependant encore des lieux reculés quasiment inconnus des voyageurs, et sa culture est d’une fabuleuse richesse. Pour l’explorer, prenez le chemin des montagnes. D’Ubud, foyer culturel de Bali, vous pourrez sillonner les villages alentour et découvrir leurs riches traditions en matière de danse, de musique et d’artisanat, leurs temples spectaculaires perchés au-dessus de la mer et leurs merveilleuses fêtes colorées.

Si vous descendez de Bedigul vers la côte nord, vous pourrez admirer le spectaculaire cratère volcanique et le lac du Gunung Batur.

Nusa Tenggara (petites îles de la Sonde)

À Lombok, vous goûterez de splendides plages et un volcan imposant, le Gunung Rinjani, un bel artisanat local et une atmosphère touristique probablement plus détendue qu’à Bali.

Sumba vous offrira un merveilleux mélange de culture traditionnelle et d’immenses plages de sable blanc encore vierges.

L’île de Komodo est connue pour les varans qui la peuplent, les fabuleux dragons. Les découvrir dans leur habitat naturel est stupéfiant.

Flores, très volcanique, doit sa renommée aux superbes lacs colorés du Keli Mutu, aux villages traditionnels de la région de Bajawa et aux belles plages de Labuanbajo.

Kalimantan

Kalimantan occupe les deux tiers de l’île de Bornéo. Elle est la région la moins visitée du pays, en raison du temps et de l’argent nécessaires pour découvrir ses cultures uniques (notamment dayak), sa flore spectaculaire et sa faune exotique.

Prenez un bateau pour sillonner les rivières, qui représentent souvent les seules voies de circulation et permettent d’accéder aux régions montagneuses.

Au parc national de Tanjung Puting, vous verrez, entre autres, les célèbres orang-outangs, des mangroves et des marais.

Sulawesi (les Célèbes)

Sulawesi déploie ses étranges tentacules entre Kalimantan et Maluku. Ses paysages sont d’une rare beauté et elle abrite des animaux tout à fait particuliers.

Ne manquez pas Tanatoraja, région de hautes terres dont les grandioses cérémonies funéraires sont l’attrait principal de l’île.

Au chapitre des curiosités naturelles, citons les montagnes de Tanatoraja et de Sulawesi central, les étranges mégalithes de la vallée de Bada, la faune exceptionnelle des parcs nationaux, les îlots paradisiaques au large des îles Togian, les récifs coralliens et les «  jardins marins » où se trouvent quelques-uns des meilleurs sites de plongée d’Indonésie.

Culture

Coutumes

Si les Indonésiens tolèrent les comportements occidentaux, n’oubliez pas pour autant de respecter certains usages particuliers.

Ne tendez jamais la main gauche : rappelez-vous qu’elle est considérée comme impure. Utilisez les deux mains pour tendre quelque chose à une personne âgée, en signe de respect.

Évitez de parler avec les mains posées sur les hanches, geste équivalant à une expression de mépris, de colère ou d’agressivité dans la danse traditionnelle.

Veillez toujours à vous vêtir décemment : décolletés pour les femmes et shorts pour les hommes sont jugés incorrects ou vulgaires.

Certaines questions vous paraîtront peut-être indiscrètes, irritantes, voire totalement déplacées : dari mana ? ( »d’où venez-vous ? »), sudah kawin ? ( »êtes-vous marié ? »), mau kemana ? ( »où allez-vous ? »)… Aux yeux des Indonésiens, ce sont des marques de politesse et d’intérêt. Vous n’avez nul besoin d’y répondre systématiquement, mais vous pouvez les poser à votre tour à votre interlocuteur pour lui manifester votre sympathie.

Enfin, sachez que vous serez immanquablement dévisagé ou même touché en signe d’amitié, quoique seuls les contacts physiques entre membres du même sexe soient tolérés.

Langue

La langue nationale, l’indonésien, ou bahasa indonesia, est très proche du malais. La plupart des Indonésiens s’expriment dans cette langue. Il existe aussi plus de 400 langues régionales et dialectes. Voici quelques expressions de bahasa indonesia.

oui : ya
non : tidak
merci : terima kasih
je vous en prie : kembali
bonjour (jusqu’à 11h) : selamat pagi
bonsoir : selamat malam
comment allez-vous ? : apa kabar ?
je m’appelle… : nama saya…
je viens de…: saya dari…
je suis marié(e) : saya sudah kawin
je ne suis pas encore marié(e) : saya belum kawin
toilettes: kamar kecil/WC (prononcer « way say »)
combien coûte ceci ? : berapa harga ?
je suis malade : saya sakit
docteur : dokter
dentiste : dokter gigi
hôpital : rumah sakit
Sachez que le pluriel en indonésien se forme en redoublant le mot. Exemple : orang, « un homme », orang orang, « des hommes ». Vous voilà paré !

Nourriture

Si la cuisine est de bonne qualité un peu partout, les grandes villes et les endroits touristiques (comme Bali) offrent une variété étonnante. Vous découvrirez des spécialités comme celles du pays toraja, à Sulawesi, où on grille la viande de porc et de buffle dans des tuyaux de bambou en l’arrosant généreusement de tuak (alcool de palme). À Kalimantan, vous vous régalerez des plus grosses crevettes d’eau douce jamais vues. D’une manière générale, cependant, les warung (restaurants bon marché) ou les pasar malam (marchés de nuit) vous serviront la cuisine habituelle : ayam goreng (poulet au riz frit), bakmi (nouilles de riz), babur ayam (bouillie habituellement sucrée, faite de poulet, riz noir collant ou haricots mung), gado-gado (pousses de soja à la vapeur, accompagnées de légumes et d’une sauce pimentée aux cacahuètes), krupuk (préparation à base de crevettes et de farine de manioc, coupée en tranches puis frite), nasi goreng (riz frit aux légumes ou à la viande), satay (brochette relevée composée de plusieurs espèces de viande et servie avec la sauce de cacahuètes), fruits tropicaux à profusion…

Religion

Les premiers habitants de l’archipel pratiquaient le culte des ancêtres et des esprits (l’animisme a d’ailleurs survécu de manière presque intacte dans quelques régions).

Les devoirs sociaux et religieux ont fini par constituer un code de comportement devenu le fondement de l’adat, la loi coutumière. L’hindouisme et le bouddhisme (des témoignages d’un fort syncrétisme hindo-bouddhique existent un peu partout en Indonésie) sont venus par la suite se superposer à cette culture à forte composante spirituelle. Si l’islam est devenu la religion officielle, il est en réalité intégré dans ce mélange très composite. Il imprègne de ses coutumes et rituels tous les aspects de la vie quotidienne, mais son interprétation se démarque du modèle austère pratiqué ailleurs : les femmes ont davantage de liberté et ne portent pas le voile ; les hommes ne peuvent épouser « que » deux femmes, et seulement avec l’assentiment de la première.

Quant aux missionnaires chrétiens, ils ne sont parvenus à convertir que de petites enclaves, comme les Batak de Sumatra.

Arts

Les arts les plus aisément identifiables sont ceux de Java et de Bali. Qui n’a entendu parler du célèbre wayang kulit, théâtre d’ombres de marionnettes qui remonte aux épopées hindoues du Ramayana ou du Mahabharata, ou des danses balinaises exécutées au son lancinant des gongs et tambours de l’orchestre de gamelan ?

Jogjakarta, sur l’île de Java, est renommée pour ses académies de danse, et son ballet du Ramayana offre les spectacles de danse les plus impressionnants de Java. À Kalimantan, vous pourrez assister à la danse mandau, exécutée avec des couteaux et des boucliers, et c’est à Bali que vous admirerez des spectacles magnifiques et colorés de danses barong, kecak, topeng, legong ou baris.

Les orchestres de gamelan se composent le plus souvent d’instruments à percussion, de flûtes et de xylophones ; on les rencontre principalement à Java et à Bali. Quant à la dangdut, musique moderne très prisée, elle se caractérise par des chants plaintifs et des rythmes très marqués.

L’artisanat indonésien est foisonnant : sculpture sur bois, masques, textiles (qui comptent trois formes principales : ikat, songket, batik), poterie, peinture, vannerie, perles, marionnettes, dinanderie et bijoux.

Environnement

Géographie

La république indonésienne, qui s’étire sur près de 5 000 km, forme le plus grand archipel du monde. Elle regroupe officiellement 13 677 îles, dont 6 000 habitées. Les cinq plus grandes sont Sumatra, Java, Kalimantan (la partie indonésienne de Bornéo), Sulawesi (Célèbes) et l’Irian Jaya (Nouvelle-Guinée occidentale). L’omniprésence de la mer a valu au pays le surnom de Tanah Air Kita, « notre Terre et notre Eau ». La plupart des îles sont montagneuses. Les volcans, aux éruptions parfois dévastatrices, ont modelé leur géologie. La forêt tropicale, qui recouvre près des deux tiers du territoire, est la deuxième du monde après celle du Brésil.

Climat

L’Indonésie chevauche l’équateur entre l’océan Indien à l’ouest et l’océan Pacifique à l’est : son climat est de ce fait uniformément chaud et humide. Dans la majeure partie du pays, la saison humide s’étend d’octobre à avril, la saison sèche de mai à septembre. Les nuits restent souvent chaudes, mais en altitude les températures peuvent baisser considérablement.

À Java, les températures annuelles s’échelonnent entre 22 et 29°C, le taux d’humidité atteignant 75%, et c’est en janvier-février que les précipitations sont les plus abondantes – même chose à Bali, où les mois les plus frais vont de mai à juillet (28°C en moyenne), et à Sumatra. La seule exception à la loi climatique est Maluku (Moluques), où la saison humide va d’avril à juillet, parfois même jusqu’à fin août. Pour schématiser, si la meilleure saison pour visiter Java, par exemple, va de mai à septembre, les Moluques se prêtent mieux à la visite de septembre à mars.

Flore et Faune

L’Indonésie possède les plus vastes réserves de forêts du monde (10% de la forêt tropicale humide du monde), mais celles-ci disparaissent au rythme d’un million d’hectares par an, causant une érosion considérable.

Doté de l’un des environnements les plus riches qui soient, le pays abrite une diversité considérable d’espèces végétales et animales.

Sa partie occidentale (Sumatra, Java, Kalimantan et Bali) abrite de grands animaux asiatiques comme l’éléphant, le tigre, le rhinocéros, le léopard et le célèbre orang-outang (« homme de la forêt » en indonésien). Parmi la flore, l’espèce la plus spectaculaire est la rafflesia, la plus grande fleur du monde, qui atteint jusqu’à un mètre de diamètre.

Irian Jaya compte des kangourous arboricoles, des wombatidés et des opossums à queue cannelée.

Les îles de Sulawesi, Nusa Tenggara et Maluku (ou petites îles de la Sonde) ont donné naissance à une faune et une flore insulaires : l’anoa, ou buffle nain, qui semble résulter d’un croisement entre un cerf et une vache ; le calao bicorne, qui figure parmi les oiseaux les plus spectaculaires d’Indonésie, considéré comme sacré ; le varan de Komodo, le plus grand reptile saurien carnivore du monde. Au chapitre de la flore, citons entre autres l’ébène, le teck et le bois de santal.

Sumatra abrite par ailleursde très beaux parcs nationaux, dont le plus accessible et le plus intéressant est le Gunung Leuser, qui couvre 10 000 km². Le principal parc national de Java est celui d’Unjung Kulon ; difficile d’accès, à l’extrémité sud-ouest de l’île, il offre néanmoins de superbes paysages côtiers, une forêt luxuriante, des récifs coralliens, ainsi qu’une population de rhinocéros et de léopards de Java, en voie d’extinction.

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