suivez le tour du monde d'un marseillais

Ecrit le 1 janvier 2010 par Dom'

2 Commentaires

carte de chine

source Lonely Planet

Introduction

Impossible de n’avoir pas vu, une fois dans sa vie, la Cité interdite, la Grande Muraille ou l’armée enterrée de Qin Shi Huangdi. Mais la Chine a bien plus à offrir que ces sites vedettes, et sa diversité est proportionnelle à son immensité. Elle est un monde : qui peut se vanter d’en avoir fait le tour ?

De 1949 à 1979, la Chine a ignoré le reste de l’humanité. Aujourd’hui, elle se montre sous un jour nouveau : économie de marché, musique et fast-foods à l’occidentale, nette amélioration des prestations et des conditions sanitaires. Tout pourrait donner à penser qu’elle ressemble de plus en plus aux autres pays. Pourtant, ce serait faire peu de cas de son caractère unique, de son passé multimillénaire et de sa palette inouïe d’attraits touristiques, naturels, culturels et historiques : étendues désertiques et sauvages du Xinjiang, sommets de l’Himalaya, Cité interdite, Grande Muraille, villes trépidantes, gastronomie étonnante, etc. Après le succès des Jeux olympiques de Beijing en 2008, à l’heure où l’on commémore les 60 ans de la fondation de la République populaire de Chine, mais aussi les 20 ans du massacre de la place Tian’anmen et les 50 ans de la révolte anti-chinoise du 10 mars 1959 au Tibet, ce serait aussi fermer les yeux sur la réalité d’une société complexe et d’un appareil politique qui entend bien maintenir les rênes du pouvoir d’une main de fer.

Destination

Intitulé officiel du pays : République populaire de Chine
Capitale : Beijing (Pékin)
Superficie : 9 596 960 km²
Population : 1,3 milliard d’habitants
Peuples et ethnies : 93% de Han et 55 minorités ethniques (Mongols, Tibétains, Ouïgours, etc.)
Langues : putonghua (langue commune appelée mandarin, la langue officielle) ; 8 grands groupes de dialectes, divisés en de multiples sous-dialectes, plus les langues des minorités
Religions : bouddhisme, taoïsme, 2% de musulmans, 4% de chrétiens ; officiellement, le pays est athée
Institutions politiques : république populaire, régime socialiste à parti unique (le Parti communiste chinois, PCC)
Président de la République : Hu Jintao
Premier ministre : Wen Jiabao

Economie

PIB : 7 800 milliards de $US
PIB/Hab : 6 000 $US
Croissance annuelle: 9,8%
Principales activités : agriculture : riz, blé, coton, tabac, maïs, oléagineux, thé, sucre, élevage – porcins et volailles – ; pêche ; industrie : charbon, hydrocarbures, sidérurgie, chimie, informatique ; produits de consommation – électronique, textile et jouets notamment
Principaux partenaires : Japon, États-Unis, Corée du Sud, Allemagne, Taïwan

Infos pratiques

Visas : le visa touristique s’obtient normalement en 5 jours ouvrables. Il existe des visas touristiques (type L) pour une ou deux entrées (35 et 50 €), d’une durée de validité de 30 jours et valables un mois à partir de la date d’entrée sur le territoire. Pièces à fournir : passeport (valable au moins 6 mois après la date du retour, 2 pages vierges consécutives au minimum), une photo d’identité, un formulaire de demande de visa (disponible auprès de l’ambassade ou du consulat), la photocopie du billet d’avion aller-retour, voire des réservations d’hôtels sur place (lettre d’invitation et certificat financier dans certains cas). Les demandes de visa par courrier ne sont pas acceptées. les Français, les Belges, les Suisses et les Canadiens n’ont pas besoin de visa pour se rendre à Hong-Kong et/ou Macao. Si vous visitez ces territoires depuis la Chine continentale, vous devrez avoir un visa à deux entrées ou demander un nouveau visa pour pouvoir retourner sur le continent – cette formalité peut prendre plusieurs jours.

Santé : les conditions sanitaires restent médiocres dans les campagnes chinoises. Il n’existe toutefois pas de grand danger pour les touristes. À cause des risques amibiens, les fruits et légumes doivent être bien lavés, voire pelés. Aucun vaccin n’est obligatoire ; certains sont conseillés (diphtérie, fièvre typhoïde, hépathites A et B, méningococcie, encéphalite japonaise pour les séjours dans certaines zones rurales). Évitez les contacts avec les volatiles pour écarter tout risque de transmission de la grippe aviaire. En raison d’une recrudescence des cas de rage, méfiez-vous des animaux errants. Un traitement antipaludique est nécessaire pour certaines régions, dont le Yunnan et Hainan. L’épidémie du sida progresse rapidement en Chine. Attention aussi à la dengue et à la maladie « main-pied-bouche ».

Décalage horaire : GMT/UTC + 8h

Poids et mesures : le système métrique est largement utilisé, mais les mesures traditionnelles (chi, gongsheng, jin, etc.) sont toujours employées à l’intérieur du pays

Electricité : 220 V. Il existe 4 types de prises électriques ; prévoyez un adaptateur

Indicatif téléphonique : Chine / Hong Kong / Macao : +86 / +852 / +853

Ambassade à l’étranger : 3 Sanlintun Dongsanjie, Chaoyang Qu, 100600 Beijing – tél. +86 (10) 853 280 80 ; fax +86 (10) 853 281 09 ; www.ambafrance-cn.org

Ambassade en France : 11 av. George V, 75008 Paris – tél. +33 (0)1 49 52 19 50 ; fax +33 (0)1 47 20 59 46 ; www.amb-chine.fr

Quand partir ?

On peut voyager en Chine à toute époque de l’année, à condition de se préparer à affronter les conditions climatiques propres à chaque saison et à chaque région. Le printemps et l’automne sont les meilleures périodes : elles permettent d’éviter la canicule estivale et les rigueurs de l’hiver. Les régions les plus chaudes en hiver sont le Sud et le Sud-Ouest (le Yunnan et Hainan notamment), les lieux élevés comme les hauts plateaux du Qinghai et du Tibet offrant en été une fraîcheur appréciable. L’été est par ailleurs une période de grande affluence touristique. L’hiver est nettement plus calme, mais le climat peut être glacial dans le Nord.

Attention aux périodes de fêtes et aux vacances officielles (le Nouvel An chinois notamment), qui ne facilitent pas les déplacements – en outre, les hébergements sont alors souvent bondés.

Fêtes et festivals

La culture traditionnelle chinoise, qui a beaucoup souffert de la Révolution culturelle, n’a pas encore retrouvé toute sa vivacité. Toutefois, vous aurez peut-être la chance de vous trouver à proximité d’un temple au bon moment et d’assister à des cérémonies traditionnelles.

Pour la plus grande fête chinoise, le Nouvel An (14 février 2010), tout le pays s’arrête pendant une semaine ; l’anniversaire de Guanyin, déesse de la Miséricorde (3 avril 2010), est le moment idéal pour visiter les temples bouddhiques, dont beaucoup possèdent des salles qui lui sont dédiées ; la fête du nettoyage des tombes (4 ou 5 avril) est consacrée au culte des ancêtres : on nettoie les tombes, sur lesquelles on dépose des fleurs et on brûle du papier monnaie à l’intention des défunts ; l’anniversaire de Mazu, déesse de la mer et amie des pêcheurs (6 mai 2010), donne lieu à de grandes célébrations dans les temples taoïstes des régions côtières ; l’anniversaire de Confucius (28 septembre) est un bon moment pour visiter Qufu, son lieu de naissance ; la fête de la Mi-Automne (3 octobre 2009, 22 septembre 2010), ou fête de la Lune, est l’occasion d’allumer des feux d’artifice et de déguster de délicieux gâteaux de lune ; c’est aussi une fête traditionnelle des amoureux.

Nouvel An (1er janvier), Nouvel An chinois (janvier-février), journée internationale de la Femme (8 mars), fête du Travail (1er mai), fête de la Jeunesse (4 mai), fête internationale des Enfants (1er juin), anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois (1er juillet), anniversaire de la fondation de l’Armée populaire de libération (1er août) et Fête nationale (1er octobre)

Devise

le yuan (Y)

Coût de la vie

La Chine connaît une augmentation constante des prix. Les destinations les plus coûteuses sont celles de l’est du pays, et notamment les grandes villes du littoral. L’Ouest reste assez bon marché. Prévoyez au minimum 15 € par jour – avec hébergement en dortoir, repas dans la rue et déplacements en bus ou à vélo. Le logement forme la plus grosse part du budget – comptez au moins 14,50 € pour une chambre double, 25 € en catégorie moyenne. Côté nourriture, les plus frugaux dépenseront 3 € par jour dans les provinces de l’Ouest – contre 4 à 7,50 € dans les régions plus onéreuses. Le bus et la classe « dure » des trains réduiront vos frais de transport. L’avion, qui coûte beaucoup plus cher, est la seule solution pour parcourir rapidement des distances importantes ; on trouve parfois des promotions intéressantes.

Conseils relatifs à l’argent

La monnaie chinoise est le renminbi (RMB), ou « argent du peuple ». L’unité de base est le yuan (Y), divisé en 10 jiao ; 1 Y vaut 0,10 €. La devise de Hong Kong est le dollar hongkongais ($HK) ; 1 $HK équivaut à 0,09 €. Les chèques de voyage, plus sûrs que les espèces, s’échangent par ailleurs à un taux plus intéressant. Les cartes de crédit sont de plus en plus fréquemment acceptées dans les grandes villes.

Les grands hôtels et les restaurants de luxe appliquent parfois une taxe de 10%. Les autres taxes à la consommation sont incluses dans les prix affichés.

Le marché noir des devises a pratiquement disparu. Les changeurs de rue risquent de vous escroquer purement et simplement.

La pratique du pourboire est quasi inexistante en Chine, y compris à Hong Kong et à Macao.

Le marchandage est bien souvent de rigueur, d’autant plus que les étrangers tendent à payer beaucoup plus cher que les Chinois. Dans tous les cas, n’oubliez pas de rester courtois et de garder le sourire !

Activités

De par la diversité de ses reliefs, la Chine se révèle particulièrement séduisante pour les amateurs d’activités de plein air – alpinisme, descentes en eau vive, deltaplane, rafting, etc.

Les adeptes des sports de glisse pourront notamment pratiquer le patin à glace à Beijing et le ski dans les stations de Nanshan et de Shijinglong, près de la capitale.

L’ascension des célèbres montagnes de Chine, comme le Taishan et l’Emeishan, ne procure plus de véritable frisson, sans pour autant être dépourvue de charme. Les randonnées à cheval ou à dos de chameau en Mongolie-Intérieure vous feront sûrement vibrer.

Cours de chinois, de médecine traditionnelle, d’acupuncture, de peinture ou de musique : presque tout est désormais possible.

La Chine étant entrée dans l’ère de la consommation, le shopping ne manque pas non plus d’attraits : plantes médicinales, thé, antiquités, pièces de monnaie, gravures et calligraphies côtoient les divinités aux mille bras (et autant de lumières clignotantes) et autres bouddhas replets en plastique !

A ne pas manquer

Beijing

La capitale offre tout le confort dont rêve un visiteur étranger après plusieurs semaines de voyage en « assis dur » ou dans des bus délabrés : propreté, excellents restaurants, bons divertissements et grands hôtels. Si Beijing est une vitrine irréaliste de la Chine, ses innombrables trésors culturels et historiques n’en sont pas moins bien réels. Seul véritable problème : la pollution atmosphérique.

Votre premier aperçu de Beijing sera sans doute l’immense place Tian’anmen. Dominée par une gigantesque effigie de Mao au cœur de la ville, elle fut le témoin de nombreux événements historiques et politiques. Tout autour se dresse un curieux mélange de monuments du passé et du présent : la porte de la Paix céleste (Tian’anmen), symbole national, le palais de l’Assemblée du peuple, Qianmen (porte du Devant), le mausolée de Mao et le monument aux Héros du peuple.

Puis vous irez naturellement explorer la Cité interdite, le plus gigantesque et le mieux préservé des ensembles architecturaux chinois. Edifiée au XVe siècle et restaurée au XVIIe, elle fut interdite d’accès pendant 500 ans – d’où son nom – et fut la résidence de deux dynasties impériales, les Ming et les Qing, qui n’en sortaient qu’en cas de nécessité absolue. Vous ne manquerez pas non plus l’ancien palais d’Été, l’un des plus beaux sites de la ville (que l’on peut rejoindre à vélo à partir du centre) avec son grand parc et son pont aux dix-sept arches, la montagne de la Source de jade, ses temples, pagodes et pavillons, le parc des Collines parfumées, le parc Tiantan et le temple des Nuages azurés.

Les Jeux olympiques de Beijing ont donné lieu à une véritable frénésie de construction. Certaines réalisations ont été saluées à l’étranger. Parallèlement, de charmants hutong (ruelles) ont été rayés de la carte ou découpés pour permettre l’élargissement de la voierie. Même les quartiers historiques de Qianmen et de Dashilan ont dû céder du terrain aux promoteurs immobiliers.

Côté hébergement, Beijing offre un choix varié : auberges de jeunesse, deux ou trois-étoiles de catégorie moyenne et quatre ou cinq-étoiles. À l’approche des Jeux olympiques, la compétition a contribué au développement du secteur hôtelier. Côté restauration, la cuisine de Beijing fait partie des quatre grandes cuisines régionales chinoises et la découverte des spécialités locales est incontournable pour les gastronomes. Les hutong abritent une très grande concentration de gargotes et d’échoppes ; le marché de nuit de Donghuamen mérite une mention spéciale.

Shanghai

Paris de la Chine, reine de l’Orient, ville des aventuriers, des joueurs, des oisifs, des dandys, des missionnaires, des opiomanes, des gangsters et des margoulins. Shanghai a toujours hanté les mémoires. Aujourd’hui, elle s’efforce de jeter aux orties les oripeaux du collectivisme et fait coexister un archaïsme manifeste avec les attributs du modernisme le plus débridé. La ville a été choisie pour accueillir l’Exposition universelle de 2010.

Sise à l’embouchure du Yangzi, elle occupait une position idéale pour devenir un port de commerce et bâtit sa fortune sur l’opium, la soie et le thé. Les pauvres de Shanghai étaient si exploités qu’il n’est pas étonnant que le PCC y ait été fondé.

La vieille ville n’a rien perdu de son attrait, et les anciens bâtiments conservent un certain charme. La ville chinoise, qui abrite le délicieux jardin Yu et le bazar, demeure un labyrinthe de venelles. L’ancienne concession française est dotée d’une étonnante architecture fin de siècle. Nanjing Donglu (East Nanjing Rd), l’artère commerçante la plus animée du pays, est longtemps passée pour les Champs-Élysées chinois tandis que place Renmin (place du Peuple), sorte de centre gravité de la cité, une batterie de fast-foods s’affichent ostensiblement. Le Bund (terme anglo-indien désignant un quai sur une berge boueuse), symbole de Shanghai, dégage une certaine sérénité : son mélange d’architecture néoclassique des années 1930 et d’architecture monumentale antique rappelle l’époque où il était le Wall Street de Shanghai. L’un des établissements les plus célèbres de l’époque était la firme anglaise Jardine Matheson & Company, l’un des premiers négociants d’opium, qui devint une grande société d’affaires de Shanghai. Le Bund est aujourd’hui un quartier de boutiques et de restaurants dédiés à une classe aisée. Ses superbes magasins et restaurants ainsi qu’un pôle de création attirent en outre une clientèle huppée. Le Shanghai World Financial Centre, inauguré en août 2008, est le troisième plus haut gratte-ciel de la planète (492 m).

Xi’an

Xi’an (qui s’appelait alors Chang’an) rivalisa autrefois avec Rome, puis Constantinople, pour le titre de « plus grande cité au monde ». Pendant plus de deux millénaires, elle assista à l’ascension, puis au déclin, de nombreuses dynasties. Ses monuments et sites archéologiques rappellent qu’elle fut jadis le centre du monde chinois.

Xi’an est aujourd’hui l’une des destinations phares du pays. Plusieurs sites historiques sont disséminés dans ses environs. L’influence islamique reste perceptible dans le quartier musulman, où se dresse une mosquée. C’est bien sûr dans la région de Xi’an que se trouve la célèbre armée des soldats de terre cuite, vieille de 2 000 ans et mise au jour en 1974 – les fouilles se poursuivent et de nouveaux soldats ont été découverts en 2009.

Incroyablement bien conservée, cette armée souterraine, qui compte pour l’heure 6 000 guerriers et chevaux de terre cuite grandeur nature, continue de veiller sur l’ancienne nécropole impériale. Elle est tournée vers l’Est, en formation de combat. Chaque personnage possède un visage doté d’une morphologie et d’une expression qui lui sont propres. Les postures du corps et des membres des archers répondent à des règles strictes. Nombre de statues tenaient à l’origine de véritables armes. Un traitement les ayant protégées de la rouille et de la corrosion, elles étaient encore aiguisées après 2 000 ans passés sous terre ! De X’ian, on peut rejoindre l’armée enterrée par un bus public. Plus pratiques, des circuits organisés d’une journée sont également proposés. Ils incluent non seulement l’armée de terre cuite, mais aussi d’autres sites comme le tombeau de Qin Shi Huangdi, le village néolithique de Banpo, plusieurs tombeaux impériaux et le temple Famen.

La Grande Muraille

Site incontournable du pays, la Grande Muraille suit une course intermittente et sinueuse de la côte est jusqu’au désert de Gobi. Sa construction fut entreprise il y a 2 000 ans et exigea la participation de centaines de milliers d’ouvriers. La Muraille, longtemps tombée dans l’oubli, a été sauvée par le tourisme. Pour de nombreux Chinois, elle est plus un symbole de tyrannie que de beauté.

On peut voir la Grande Muraille en de nombreux points, et notamment à Badaling (à 70 km au nord-ouest de Beijing) et à Mutianyu (à 90 km au nord-est), les tronçons les plus visités. Simatai (à 110 km au nord-est) permet de découvrir la Grande Muraille sous un angle plus séduisant. Édifiée pendant le règne de l’empereur Hongwu des Ming, cette section de 19 km est jalonnée de tours de guet et d’à-pics vertigineux au milieu d’un paysage de toute beauté. La section de Huanghua (à 60 km) offre un paysage à couper le souffle avec ses briques et ses tours de guet en partie d’origine serpentant dans deux directions. Elle est épargnée par les attrape-touristes.

Le Tibet

Protégé par la forteresse de l’Himalaya, le Tibet occupe depuis longtemps une place à part dans l’imaginaire occidental : qu’on le surnomme Shangri-La, le Pays des Neiges ou le Toit du Monde, il reste entouré d’une aura particulière. Pendant des années, rares sont ceux qui eurent le privilège de se rendre à Lhassa. À son ouverture, dans les années 1980, le Tibet n’était déjà plus ce royaume bouddhiste magique qui avait enflammé les premiers voyageurs.

Entre 1950 et 1970, les Chinois ont envahi le Tibet, condamné son guide spirituel et 100 000 intellectuels à l’exil, causé la mort de 1,2 million de personnes et détruit la majeure partie de son héritage culturel. À l’approche des Jeux olympiques de Beijing, en mars 2008, des moines bouddhistes ont pris la tête de manifestations dans plusieurs villes tibétaines. Pendant toute la période des troubles, la presse étrangère a été soigneusement tenue à l’écart de la province, qui est restée fermée pendant plusieurs mois. Le Tibet a été à nouveau fermé en mars 2009, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la révolte anti-chinoise du 10 mars 1959.

Lhassa, cœur et âme du Tibet, demeure ancestrale des dalaï-lamas, continue de faire l’objet d’ardents pèlerinages. La majesté du palais du Potala, forteresse blanche et ocre, est éblouissante. Emblème des merveilles de cette cité sainte, le palais fascine les voyageurs depuis 300 ans. Mais le centre spirituel de la cité est le temple du Jokhang, toujours très actif. Au Barkhor, le circuit de pèlerinage, les artistes de rue se mêlent à l’effervescence des pèlerins.

Shigatse, la deuxième ville du Tibet, abrite le monastère de Tashilhunpo, siège du panchen-lama, réincarnation d’Amitabha (le plus populaire des bouddhas du Mahayana) et seconde autorité tibétaine après le dalaï-lama. Il compta jusqu’à 4 000 moines ; 600 seulement y vivent aujourd’hui. Ce monastère est célèbre pour sa gigantesque statue du Bouddha (27 m de hauteur) et sa grande salle renfermant le mausolée du quatrième panchen-lama, dont le stupa est recouvert de 85 kg d’or et de pierres précieuses.

Culture

Coutumes

Vu l’extraordinaire richesse de la culture chinoise, nous ne pouvons qu’en évoquer ici succinctement les aspects les plus notoires.

« Sauver la face », équivalent du « statut » ou de la « dignité personnelle », est capital. En cas de différend, préférez toujours le compromis, et souriez avec insistance.

Langue

Les dialectes chinois divergent grandement les uns des autres, tout en présentant certains points communs. La langue officielle, que nous appelons mandarin, est la langue la plus utile : elle est aujourd’hui comprise et parlée par la majorité des habitants.

Ceux qui désirent l’apprendre devront maîtriser quatre tons et 56 000 caractères. Rassurez-vous : beaucoup sont archaïques et 8 000 peuvent suffire. Hormis les langues des minorités ethniques, tous les dialectes chinois emploient le même système d’écriture, quoique le cantonais possède quelque 3 000 caractères qui lui sont propres. Ceux qui pensent pouvoir mieux se débrouiller avec le « chinglish » (anglais à la sauce chinoise) seront déçus : 15 ans d’études chinoises et un cours intensif d’anglais semblent le minimum pour maîtriser cette langue hautement fantaisiste et « very useful for the using » ( »très utile à l’utilisation »), comme l’indique un dictionnaire anglo-chinois.

bonjour : nǐ hǎo
au revoir : zàijiàn
merci : xièxie
je vous en prie : búkèqi
je m’appelle… : wǒ xìng…
comment vous appelez-vous ? : nín guì xìng ?
France : Fǎguó
je ne comprends pas : wǒ tīngbùdǒng
passeport : hùzhào
toilettes : cèsuǒ
changer de l’argent : huàn qián
chambre standard : biāozhǔn fángjiān
téléphone : diànhuà
demain : míngtiān
je veux aller à… : wǒ yào qù…
acheter un billet : mǎi piào

Sports

Pour les Jeux olympiques de 2008, le gouvernement chinois a investi sans compter dans des infrastructures sportives ultramodernes. Cet événement a été salué par tous comme un succès. La délégation chinoise a remporté pas moins de 51 médailles d’or, 21 médailles d’argent et 28 médailles de bronze.

Nourriture

Tout ce qui est comestible peut se retrouver dans une assiette en Chine, d’où un très large éventail culinaire. Un proverbe cantonais veut que « tout ce qui a quatre pattes et qui n’est pas une table se mange ». Toutefois, sachez que les pangolins, la cervelle de singe crue et autres pattes d’ours, trop chers, ne figurent que rarement au menu.

Il existe quatre grandes cuisines régionales. Celle du Nord (notamment à Beijing et au Shandong) préfère les nouilles au riz ; ses spécialités : le canard laqué et le poulet du mendiant, enveloppé dans des feuilles de lotus et cuit toute une journée sur des braises. Celle du Sud (variante cantonaise et de Chaozhou) fait la part belle à la cuisson à la vapeur et aux préparations bouillies ou sautées ; ses spécialités : les dim-sum, les œufs de mille ans (œufs enveloppés individuellement dans une mixture de cendres, de citron et de sel puis enterrés dans de la terre pendant 100 jours), la soupe de serpent et les ragoûts – éventuellement de chien, de rat ou de hibou. La cuisine de l’Est privilégie les travers de porc, les fruits de mer et les soupes. Enfin, la cuisine de l’Ouest (du Sichuan), souvent très épicée, compterait plus de 4 000 plats ; en voici quelques-uns : le gonbao jiding (poulet frit aux cacahouètes et au piment), le mapo doufu (viande de porc au tofu et aux oignons), le guoba roupian (riz soufflé et viande de porc servie dans son jus de cuisson).

Religion

En Chine, la religion a été influencée par le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme, tous trois inextricablement imbriqués dans la religion populaire, qui intègre également d’anciennes croyances animistes.

On dit du taoïsme, né vers le VIe ou le Ve siècle av. J.-C., qu’il est la seule religion véritablement chinoise. On ne sait rien de son fondateur, Laozi, qui n’est connu que par la légende. Le cœur du taoïsme est le concept du dao, ou Voie, principe de l’Univers, que l’on ne peut appréhender qu’à travers une quête mystique.

Le confucianisme s’est développé sous l’influence des disciples de Confucius (551-479 av. J.-C.). Davantage philosophie que religion, il définit des codes de conduite et des modèles de soumission, mettant l’accent sur la famille, la piété filiale et le culte des ancêtres, mais aussi sur la bonté et l’esprit rituel.

En Chine, c’est l’école du Mahayana, ou Grand Véhicule, qui prédomine dans le bouddhisme. Elle regorge de cieux, d’enfers et de descriptions du nirvana. Les formes du Bouddha sont multiples et les temples, remplis d’images de divinités et d’intercesseurs. Au Tibet, au Sichuan et au Yunnan, le bouddhisme tantrique, ou Rajrayana, est plus présent. Beaucoup plus mystique, il accorde une grande place aux postures rituelles, aux rites secrets d’initiation et aux mantras (formules sacrées).

Quant à la divination, elle s’intègre aux croyances religieuses. Le régime actuel continue de professer l’athéisme : seuls les athées peuvent devenir membres du Parti. La religion a beaucoup souffert de la Révolution culturelle, durant laquelle les temples ont été détruits et les moines éliminés ou condamnés aux travaux des champs, comme les intellectuels et les artistes.

Arts

L’histoire artistique de la Chine remonte à des millénaires. Celle de la céramique, en particulier, est vieille de plus de 8 000 ans. Cette forme artistique atteignit son apogée sous la dynastie Song, période où l’on produisit de la véritable porcelaine à base de kaolin, blanche, fine et presque transparente. La porcelaine « blanc et bleu » apparut probablement sous les Yuan. La dynastie Qing fut celle de la porcelaine peinte décorée de paysages délicats, d’oiseaux et de fleurs.

La tradition attribue la première fonte du bronze à la légendaire dynastie Xia, il y a 5 000 ans.

Le jade, paré de pouvoirs magiques et révéré en Chine depuis le néolithique, revêt toutes les teintes et nuances. C’est sous son aspect blanc qu’il a le plus de valeur.

Dès le néolithique, des objets funéraires étaient placés à côté des défunts dans les sépultures. Leur étude est riche d’enseignements sur les différentes époques. L’art funéraire de la Chine des Tang atteste par exemple de la vie cosmopolite de cette période.

La Chine possède une grande tradition littéraire. Malheureusement, l’essentiel des œuvres reste hors de portée des étrangers qui ne lisent pas le chinois. En France, quelques éditeurs comme Bleu de Chine, Actes Sud et les Éditions Philippe Picquier déploient des efforts remarquables pour offrir des traductions de qualité.

L’histoire de l’architecture chinoise a plus de 3 000 ans. Les constructions impériales de Beijing, capitale des Ming et des Qing, illustrent les grands principes architecturaux chinois. Elles se caractérisent notamment par un toit vert ou jaune, orné de divinités et de signes de bonne augure (carpes ou dragons), par la présence de lions de pierre à l’entrée et d’une petite cour intérieure où un grand vase recueille l’encens et les papiers d’offrande et par des couleurs dominantes de rouge, d’or, de jaune et de vert.

Le cinéma apparut en Chine à la fin du XIXe siècle. Il connut un âge d’or dans les années 1920-1930, interrompu par l’invasion de Shanghai par les Japonais en 1937. Avec la guerre civile puis l’avènement de la République populaire de Chine en 1949, les cinéastes furent contraints de respecter des directives draconiennes. Les règles s’assouplirent progressivement après la mort de Mao. Les années 1990 assistèrent à la naissance des cinéastes de la “sixième génération” – comme Zhang Yuan, Wang Xiaoshuai, Jia Zhangke et Jiang Wen – dont les films, plus grinçants que ceux de la génération précédente, abordent aussi davantage les thèmes de la vie urbaine. Aujourd’hui, hormis quelques réalisateurs capables d’intéresser les investisseurs étrangers – comme Chen Kaige et Zhang Yimou –, les cinéastes sont sans cesse confrontés au manque de financement. Ils doivent en outre toujours composer avec la censure, qui n’a pas disparu dans la Chine du XXIe siècle. En 2009, le prix du meilleur scénario du Festival de Cannes a été attribué à Nuit d’ivresse printanière, de Lou Ye.

L’opéra chinois, dont le représentant le plus célèbre en Occident est l’opéra de Pékin, est l’héritier de 900 ans d’histoire. Il offre un spectacle varié alliant acrobaties, arts martiaux, poésie et danse stylisée. Les quatre rôles principaux sont la femme, l’homme, le « visage peint » (dieux et guerriers) et le bouffon.

La calligraphie était traditionnellement considérée comme la forme suprême de l’art plastique, et un mauvais calligraphe ne pouvait espérer réussir son examen de fonctionnaire. On qualifie les outils de base (papier, encre, pierre à encre et pinceau) de « quatre trésors des études du lettré ».

Environnement

Géographie

La Chine est le troisième plus grand pays du monde par la superficie, après la Russie et le Canada. Son relief s’étage d’ouest en est, formant une sorte d’escalier. Tout en haut : les plateaux du Qinghai et du Tibet (altitude moyenne : 4 500 m, d’où l’expression « Toit du Monde ») ; la fonte des neiges et des glaciers alimente les sources de plusieurs grands fleuves, dont celles du Yangzi (Chang Jiang), jadis appelé fleuve Bleu, du Mékong (Lancang Jiang) et du fleuve Jaune (Huang He). Au nord, le bassin du Tarim, au Xinjiang, est le plus vaste bassin intérieur de la planète. Il englobe le plus grand désert de Chine, le Taklamakan, ainsi que son plus grand lac salé, le Lob Nor, site d’essais nucléaires.

Le deuxième palier est constitué de la dépression de Turpan, l’endroit le plus chaud de Chine, connu sous le nom d’Oasis de Feu.

Le troisième palier tombe à moins de 1 000 m. Il s’agit de plaines (le royaume du Milieu des Han) cultivées et densément peuplées. En Chine, la surface agricole ne représente que 15 à 20% du territoire.

Les Han, qui forment environ 93% de la population, sont particulièrement présents dans les bassins du fleuve Jaune, du Yangzi et de la rivière des Perles. Les minorités nationales occupent plutôt les régions frontalières du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que le Nord et le Nord-Est.

Climat

L’immensité du pays donne lieu à une grande diversité de conditions climatiques. Dans le Nord, l’hiver dure de décembre à mars et il est incroyablement froid. À Beijing, où le temps est alors généralement sec et ensoleillé, le thermomètre peut descendre jusqu’à -20°C. Au nord de la Grande Muraille, tout comme en Mongolie-Intérieure, les températures peuvent atteindre -40°C. L’été, à Beijing, le mercure dépasse couramment les 35°C et les averses sont fréquentes. Le printemps et l’automne sont agréables, avec des températures oscillant entre 20 et 25°C en journée et des nuits fraîches. Attention : l’hiver peut se prolonger dans la capitale.

Dans le Centre, et notamment à Shanghai, les étés sont longs, chauds et humides. Wuhan, Chongqing et Nanjing sont surnommées « les Trois Fournaises ». Dans cette région, les hivers, courts et froids, sont marqués par des températures négatives. Sauf en été, le temps peut être humide et désagréable à tout moment de l’année.

Autour de Guangzhou (Canton), la saison humide et chaude (jusqu’à 38°C) s’étend d’avril à septembre, période qui est aussi celle des pluies et des typhons. L’hiver, sans être aussi rigoureux que dans le nord du pays, peut être étonnamment froid. L’automne et le printemps, souvent agréables, ne sont pas à l’abri d’une pluie ou d’un crachin continu.

Dans le Nord-Ouest, l’hiver est glacial et l’été chaud et sec, voire torride dans les régions désertiques (jusqu’à 47°C à Turpan, dans le Xinjiang).

Au Tibet, on a facilement l’impression que les quatre saisons sont réunies en une seule journée : froid mordant puis chaleur intense, vent violent et tempête de poussière, de sable, de neige ou (plus rarement) de pluie.

Flore et Faune

La Chine est l’un des plus gros pollueurs de la planète. Défrichage, déforestation, pollution atmosphérique, abondance des déchets ruraux et industriels et cours d’eau souillés semblent bien aller de paire avec la croissance actuelle. La RPC est le pays le plus peuplé de la planète, ce qui rend la situation particulièrement grave et inquiétante. Les mesures en faveur de l’écologie, parfois draconiennes sur le papier, sont encore rarement appliquées. Quantité d’animaux, officiellement protégés, sont toujours victimes du braconnage. Certes, plus de 2 000 régions bénéficient d’une protection et les Jeux olympiques ont incité les autorités à afficher un certain volontarisme écologique. Mais des analystes n’en évoquent pas moins le risque d’une catastrophe écologique imminente.

La diversité des écosystèmes (forêts tropicales du Sud, steppes du Nord-Ouest, conifères de la taïga, mangroves le long de la mer de Chine, immenses prairies, etc.) nourrit une grande variété d’espèces. Il existe en Chine plus de 32 000 plantes à graines et plus de 2 500 essences d’arbres forestiers, sans compter l’extraordinaire richesse de végétaux – azalées, rhododendrons, lotus, magnolias, etc. – , dont certains “fossiles vivants” comme le ginkgo biloba, l’arbre le plus ancien de la planète.

N’espérez pas trop rencontrer des animaux exotiques en Chine : ils évitent sagement les humains. Le panda géant, célèbre habitant de l’ouest du Sichuan, illustre naturellement mieux que tout autre la beauté de la faune sauvage chinoise. Les montagnes abritent également des yaks sauvages, des moutons argali, des élans, des ours, des tigres et bien d’autres espèces. Le sud tropical de la province du Yunnan est la région qui offre la plus grande diversité végétale et animale du pays.

A voir également....

,

2 Réponses à “Chine…Feuille de route !”

  1. avatar

    prix assurance auto

    4 years ago

    Merci beaucoup pour ces précieuses recommandations !

  2. avatar

    sofia gucci video

    4 years ago

    Produzione manifatturiera Operaio Descrizione del lavoro; Descrizione di un Operatore di produzione; Commenti. 100003576986398 May 01, 2012 E ‘dare una chiara concept circa la mia .Produzione Workers Task Description
    sofia gucci video http://www.salute-magazine.com/scripts/gucci.asp?gucci=sofia-gucci-video-25us.php

Laisse un commentaire

:wink: :twisted: :roll: :oops: :mrgreen: :lol: :idea: :evil: :cry: :arrow: :?: :-| :-x :-o :-P :-D :-? :) :( :!: 8-O 8)